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- Main basse sur les produits bio, par Chantal Le Noallec (Le Monde diplomatique) :: produit bio
Apercu : A lheure où de grosses firmes et la grande distribution linvestissent, la bio survivra-t-elle ?
Les grandes surfaces ouvrent de plus en plus leurs rayons aux produits bio.
Les boutiques, supérettes et supermarchés bio (du moins sautoproclamant tels) poussent comme des champignons.
Face aux industriels qui tentent de sen emparer, une incertitude sourd : quelles seront les orientations choisies par la bio ?
Acheter bio, cest, en principe, participer au développement dune agriculture source de vie et lutter contre le saccage de lenvironnement ; cest refuser la consommation à outrance, respecter les animaux, protéger sa santé ; cest aussi résister à la laideur envahissante, être responsable de ses choix dans un domaine encore relativement préservé, cest une forme de liberté, un espoir.
Cest combattre pour le futur du monde.
Even, géant de lindustrie agroalimentaire bretonne et fournisseur de pesticides.
Seule différence : lemballage et le prix.
Fromagers de tradition, pour le commerce spécialisé.
Triballat ne figure pas sur les seconds !
Vendre ces articles, produits ou distribués dans certains cas par des sociétés dont les buts sont, en premier lieu, lucratifs, ne va guère dans le sens de la bio.
Souhaitons-nous vraiment cautionner une telle évolution par nos achats ?
Derrière ces marques-écrans se profile le risque de lindustrialisation de la bio, car la filière agroalimentaire mise de plus en plus sur cette agriculture.
Les conversions fleurissent, et lon voit apparaître une bio-industrie avec des monocultures ou des monoélevages.
Plus grave, de nombreux opérateurs font pression pour obtenir un allègement des cahiers des charges sous prétexte daccélérer les conversions et de pouvoir fournir davantage de produits à des prix toujours plus bas.
Bio à moindre coût, standardisée, bas de gamme, est-ce là son avenir ?
Il faut ouvrir la bio aux revenus plus modestes.
Ainsi sexpriment nombre dacteurs de la bio.
Sous cette intention, louable et souhaitable, perce une mauvaise conscience face au reproche délitisme.
Doù une pression sur les prix, suivant en cela le système néolibéral qui a conduit lagriculture conventionnelle à son impasse.
Casser les prix signifie diminution de la main-doeuvre et des salaires, augmentation du rendement, et ouvre la voie à une agriculture bio-intensive et à une bio-industrie, avec, pour corollaire, la disparition des petites structures.
A linverse, une juste rémunération du producteur et du transformateur, en relation avec la qualité du travail et du produit, est la seule façon pour que les petites et moyennes entreprises continuent de vivre en toute indépendance.
Dans la foulée, il y aura création demplois et davantage de gens pour acheter bio.
Sinon, il faudra inventer dautres garanties, un autre label, dautres lieux dachat.
Quant au prix « excessif » de la bio, cest un faux problème dès lors que lon tient compte des coûts des produits conventionnels en termes de santé, dépollutions ou subventions.
Un autre exemple de lindustrialisation de la bio est lié à des dérogations grâce auxquelles des ingrédients non bio, parfois douteux, peuvent être introduits à hauteur de 5 %.
En outre, dans de nombreux commerces, sont vendus depuis des mois des chocolats et gâteaux où la lécithine nest pas toujours bio, donc sans garantie sur lorigine du soja : est-il transgénique ou non ?
Ou bien on explique quavec le temps le fournisseur évoluera vers le « bio à 100 % ».
La seule cohérence serait le boycottage.
Au reste, cet additif de lindustrie agroalimentaire est- il indispensable ?
France depuis le printemps 1998.
Novartis et encourager ce genre dagriculture, et, au-delà, un certain type de civilisation.
Soy du 17 mars 1998.
Soy, comment remplir les rayons ?
En fait, à trop vouloir « sauver le soja », on omet le principal, qui est la survie de lagriculture biologique dans le monde transgénique qui se dessine.
Pour résister à la récupération par les agro-industriels, la bio na-t-elle dautre voie que de se placer sur leur terrain (concurrence, productivisme, course au profit, etc.
Concentration des entreprises, prolifération des produits anonymes et des marques de distributeurs, bio-business, ces tendances se généralisent, si bien quelles se banalisent et que le milieu bio et écologique tolère désormais des compromissions impensables autrefois.
Il y a de moins en moins dentreprises bio indépendantes.
Au- delà, cest lautonomie de lagriculture biologique qui est remise en cause.
Les dérives présentes dune fraction de la bio mettent celle-ci en péril.
Alors que des sociétés tentaculaires la convoitent, il est urgent que les consommateurs de la bio fassent leur choix : être les simples témoins, voire les complices, de ce qui se prépare, ou bien aller dans le sens de la qualité de la vie et de la bio.
Il sagit dun choix de civilisation car il sinscrit au coeur dun débat dont lissue engagera notre façon de nous nourrir, notre santé, notre façon de percevoir lunivers et de penser.
Biocoop, créée en 1987, est un réseau de distribution de produits bio regroupant quelque 180 biocoops qui affirment pratiquer autrement la relation avec le consommateur et le producteur.
Un produit bio donne droit, après certification attestant sa conformité aux normes de l?
Biocoop est accordé aux fournisseurs bio qui en font la demande dès lors qu?
Ce document, consultable par les consommateurs, donne divers renseignements sur le fournisseur agréé : structure de l?
Soy du 17 mars 1998.
Faut-il avoir peur des aliments transgéniques ?
Le développement, une imposture durable ».
Voir Main basse sur les produits bio, par Chantal Le Noallec (Le Monde diplomatique)
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